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» Forum sur la ressource hydrique - Notre eau, notre avenir!

Prendre l eau à coeur

Montréal, 18 septembre 2007

Conférence d ouverture donnée par monsieur André Beauchamp

Mesdames, Messieurs,


D’abord, merci de m’avoir invité à présenter la conférence d’ouverture à votre Forum sur la ressource hydrique « Notre eau – notre avenir ! ».  Même si j’ai eu l’immense privilège de présider la Commission sur la gestion de l’eau au Québec (1999-2000) et que j’ai encore le plaisir de présider l’Aquacentrum, Centre de l’eau, je ne me considère pas un expert de l’eau.  Je suis davantage un témoin des questions que l’on se pose sur l’eau et des efforts déployés pour en assurer la correcte gestion.

J’ai donné à ma conférence le titre de Prendre l’eau à cœur, titre qui me semble refléter l’essentiel de vos préoccupations.  Voici déjà plusieurs années que vous vous intéressez à l’eau, particulièrement à l’eau souterraine.  Peu à peu, vos préoccupations se sont élargies et vous en venez à percevoir la ressource eau comme une des dimensions essentielles de l’identité de votre région et comme un des leviers d’un possible projet collectif, voire même politique.


À cet égard, je tiens à vous féliciter de cette préoccupation et de votre ténacité à poursuivre votre action au long des années.


La planète bleue
Il est devenu usuel de parler de la Terre comme de la planète bleue.  En 1929, le poète Paul Eluard disait dans une envolée « La Terre est bleue comme une orange ».  L’orange tempère la métaphore.  En fait, c’est avec l’avènement de la navette spatiale qu’on a pu constater à quel point l’eau est importante dans le paysage terrestre.  Elle recouvre 71 de la surface du globe.  Mais 98 de l’eau terrestre est de l’eau salée.  Il reste 2 d’eau douce.  Là encore, 68 de l’eau douce est captive et 30 serait de l’eau souterraine.  Il reste 2 pour les lacs et les rivières.  En fait, si vous avez l’impression qu’il y a tant d’eau dans les lacs et les rivières, c’est qu’il pleut constamment car l’eau se renouvelle sans cesse grâce au cycle de l’évaporation et des précipitations.  Au sens strict, l’eau n’est pas une ressource renouvelable.  C’est une ressource recyclable.  Les experts estiment que la quantité d’eau sur Terre est constante.  En fait, l’eau est une ressource limitée et fragile, facile à polluer, difficile à assainir, coûteuse à transporter.  Une ressource presque toujours indispensable à l’écosystème où elle se trouve, qu’il s’agisse d’un lac, d’un marais ou d’une forêt et dont on peut rarement dire qu’elle est en excès dans un milieu donné.  Y a-t-il vraiment trop d’eau dans les grands lacs?


Bref, quoique abondante sur Terre, l’eau est surtout présente sous forme d’eau salée.  Sous la forme d’eau douce, elle est déjà rare et ne peut jamais être considérée comme un élément détachable de son milieu hydrologique et écologique. On ne peut pas gérer l’eau comme de l’argent qu’on déplace d’un continent à l’autre par simple transfert électronique.


Une crise mondiale de l’eau?
Très inégalement répartie sur les continents, l’eau est en passe de devenir rare.  Il y a des provinces et des pays riches en eau, comme le Québec et le Brésil, et d’autres pauvres en eau comme l’Alberta et la Tunisie.  Normalement, et c’est la sagesse même, il faut autant que possible faire avec l’eau qu’on a.  Bien sûr, en Chine comme en Mésopotamie, les humains ont appris à aménager l’eau.  Mais il demeure que l’abondance ou la rareté d’eau détermine en grande partie le cadre dans lequel une société se développe.  On estime qu’une société qui dispose de 1700 m 3 d’eau par année par personne (tous usages confondus : industriel, agricole, domestique) est en situation de suffisance.  À 1000 m 3 par année par personne, on parle de pauvreté, à 500 m 3 on parle de pénurie.  Selon une source citée par Sylvie Paquerot, depuis 1990, 13 pays sont tombés sous le seuil de 1000 m 3 par personne par an, dont l’Algérie, le Rwanda, la Somalie et la Tunisie.  La carence d’eau s’explique d’une part par l’explosion démographique et d’autre part par l’augmentation des consommations.  En agriculture, pensons à l’irrigation qui consomme des masses d’eau fabuleuses.  La fabrication d’une voiture exige 30 000 litres d’eau.  Dans les villes, les consommations montent en flèche.  On monte facilement à 350 litres par jour et par personne alors qu’en milieu rural traditionnel on consommerait 20 litres par jour.


Dans les pays en voie de développement, le phénomène le plus grave est celui du passage massif des populations du territoire agricole vers les centres urbains.  Les gens s’installent dans des zones d’habitat spontané, sans équipements d’eau potable ni installation sanitaire.  On estime que plus d’un milliard d’humains n’ont pas accès à une eau potable de qualité pour satisfaire leurs besoins essentiels d’alimentation et d’hygiène.  Ce qui est évoqué ici ce n’est pas la pénurie d’eau en soi.  Parfois il y a abondance d’eau.  C’est l’insuffisance du système socio-technique en place pour fournir l’eau à ceux et celles qui en ont besoin.

Le droit de la force ou la force du droit
L’inégalité des répartitions de l’eau et les besoins criants de certaines sociétés font apparaître des tensions politiques importantes entre les États.  D’où le spectre que l’on évoque des guerres de l’eau, de la course vers les dernières ressources d’eau disponibles.  Beaucoup de gens estiment que l’intérêt des Etats-Unis pour l’Iraq cache un appétit très vif de pétrole.  Aussi quand on parle des pénuries d’eau au sud des Etats-Unis et des difficultés de l’agriculture dans les Hautes Plaines, nous avons peur que nos voisins ne viennent chercher notre eau, par le biais du commerce ou par la manière forte.


Il n’y a pas actuellement à ma connaissance, de véritable guerre de l’eau.  Mais des tensions politiques – et des conflits ouverts – s’alimentant à de nombreux motifs, y compris des stratégies d’accès l’eau.  Un des cas les plus typiques est la gestion du Nil, le plus long fleuve du monde qui est partagé par 10 pays : l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, le Congo et l’Érythrée.  Plus en aval, il y a encore l’Égypte avec le barrage d’Assouan qui crée des tensions avec le Soudan.  En Europe, il y a la Turquie qui pense à des déviations du Tigre et de l’Euphrate qui risquent de changer les disponibilités d’eau en Iran et en Iraq.  Problèmes analogues avec le Danube et les pays limitrophes.  Tensions vives aussi entre Israël et la Palestine.

Ici on perçoit d’emblée que le recours à la seule force n’est pas suffisant. Il faut convenir d’une utilisation équitable et raisonnable de part et d’autre.  Il y a surtout obligation de ne pas causer de dommages et nécessité de reconnaître les droits des usagers en aval à l’égard des usagers en amont.  Bref, le droit de la force doit céder la place à la force du droit.  D’où la nécessité d’une réflexion à la fois écologique et juridique pour définir un droit nouveau, convenir de procédures à suivre et imposer en certains cas des solutions équitables pour les parties en cause.


Cela représente un défi énorme car actuellement nous en sommes encore à l’ère de l’État dit moderne postulant un territoire national délimité, la souveraineté, l’autonomie de faire ce que l’on veut sur le territoire et la liberté d’adhérer ou non à des conventions internationales.  Cette idée d’un État national fort et autarcique ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui.  Les grands problèmes écologiques comme le réchauffement climatique, la protection de la couche d’ozone, la conservation de la biodiversité, le droit de la mer et la gestion des eaux limitrophes dépassent le concept traditionnel de l’État.  De même, au plan économique, la mondialisation échappe de plus en plus aux compétences nationales.

L’humanité dispose probablement de 15 ou 20 ans pour définir les nouvelles règles du jeu pour faire face à la nouvelle situation engendrée par la globalisation et la crise écologique.  C’est pourquoi je dis souvent aux universitaires qu’il nous faut développer de toute urgence une génération de nouveaux juristes capables de penser le monde de demain, pour que la force du droit prévale sur le droit de la force.  Il nous faut des experts de calibre mondial en eau, en droit de l’eau et en négociations multipartites.


Incidemment, il est intéressant de noter que le Canada et les Etats-Unis ont convenu en 1910 d’un traité sur les eaux limitrophes qui concerne 300 lacs et rivières.  Ce traité est géré par une Commission mixte internationale.

Actuellement, dans l’état de la pratique courante, l’eau embouteillée est considérée comme une marchandise commerciale.  En fait, l’eau embouteillée est un bien de luxe et tant qu’on en restera à de l’eau embouteillée, il n’y a pas de risque écologique majeur.  Il peut y avoir un risque pour telle ou telle source en particulier si cette source est mal gérée, mais au plan massique cela ne représente pas globalement une menace.  Il y aurait menace si l’on devait procéder à de très grands transferts par exemple par bateaux, pipelines, ou dérivations.  D’où l’importance de démarches politiques ouvertes et transparentes pour éviter de procéder à la hâte en catimini et de mettre ensuite les gens devant un fait accompli.


 Je ne suis pas un expert en ce domaine mais je pense que jusqu’à présent la Commission mixte internationale et les organismes créés autour de cette institution, notamment la Conférence des gouverneurs et des premiers ministres provinciaux ont bien servi la cause du Canada.  L’inclusion de principes écologiques dans la gestion des eaux transfrontalières augure bien de l’avenir.  Mais il est important de rester vigilant et d’éviter les modifications rapides à l’abri du débat démocratique.


L’eau comme patrimoine commun de l’humanité
Les débats autour du droit de l’eau et des avantages ou des risques liés à la commercialisation de l’eau nous obligent à réfléchir plus profondément sur les enjeux éthiques de la gestion de l’eau.

D’une part, il faut constater que le développement des services d’eau, l’approvisionnement des villes et tous les ouvrages annexes constituent un marché très important.  De nouveaux métiers de l’eau surgissent, nombreux et complexes, qui créent beaucoup d’emplois ici comme ailleurs.  Prenons un exemple semblable : la gestion des déchets.  Les entreprises de la récupération, du tri, du compostage, du recyclage, de la cueillette et de l’élimination et toutes les exigences complémentaires en termes d’éducation et de sensibilisation créent un marché nouveau et intéressant.  Le marché de l’eau est énorme, qu’on parle d’eau potable ou d’eaux usées, d’aqueducs, d’assainissement, de gestion, de gouvernance, etc.


Par ailleurs, dans le courant actuel de mondialisation, de globalisation et de libéralisation des échanges, il y a un débat sur les rôles respectifs de l’État et de l’entreprise privée et sur la capacité du marché à livrer les services de l’eau.  Le débat a lieu et continuera d’avoir lieu.  Il soulève d’ailleurs de grandes passions et des prises de position politique très controversées.

La coalition que je préside n’a pas de position formelle sur cette question bien que certains des membres qui la composent en aient.  Ici je m’exprime donc en mon nom.  Mon expérience en ce domaine, à partir des débats publics et de différents ouvrages que j’ai lus sur la question, m’amène à penser que le marché seul ne parvient pas à gérer adéquatement ce secteur.  D’une part, l’eau est un bien nécessaire et indispensable à la survie de tout être humain.  C’est un droit de la personne que d’avoir accès à de l’eau potable en qualité et en quantité suffisante.  Un droit humain fondamental.  D’autre part, les conditions du marché ne sont jamais parfaites et la concurrence non plus.  On n’est pas simplement dans un marché mais dans un réseau dont l’enjeu social est déterminant.  D’où l’importance d’un encadrement par l’État pour assurer l’équité et le service effectif des personnes les plus fragiles.


La logique du profit maximal en situation de concurrence qui peut jouer pour l’eau embouteillée qui est un produit de luxe ne joue plus pour la ressource eau elle-même.  Au plan éthique, l’eau est en ce sens une chose commune, une res communis.  Elle appartient à toute l’humanité.  Elle est un patrimoine commun.  Le patrimoine est ce que l’on reçoit, dont on se sert et que l’on doit rendre à son tour, si possible en l’ayant amélioré.  L’eau utile à tous n’appartient à personne pas même à l’État qui pourrait en abuser pour son profit.  L’État n’en est que le fiduciaire.  On peut user de l’eau car elle est essentielle à la vie.  Mais on doit la rendre.  En faire un objet de spéculation, c’est la dévier de son sens.  C’est pourquoi l’eau en elle-même me semble hors commerce, non monétarisable.  Elle peut avoir un coût qui est le coût de sa gestion : la traiter, la transporter, l’épurer, la pomper, etc.  En elle-même toutefois, elle échappe à l’appropriation et s’inscrit dans le patrimoine commun de l’humanité à la fois comme un don offert et comme une responsabilité partagée.


La politique de l’eau
Avant de parler d’eau souterraine, je dis un mot de la politique de l’eau.  On sait que le Québec a adopté en 2002 sa Politique nationale de l’eau, mais qu’il n’y a pas encore de Loi obligeant à sa mise en œuvre.
Pour qu’une politique de l’eau soit efficace, il lui faut entre autres les caractéristiques suivantes :

1) une gestion intégrée qui dépasse les interventions sectorielles et ce que l’on appelle la culture en silo si fréquente dans les organisations gouvernementales;
2)    une gestion écosystémique soucieuse de la qualité de l’eau et de son rapport dynamique à l’écosystème;
3)    une gestion par bassin versant qui transcende, sans les abolir, les découpages du territoire qui sont le fruit de la politique, des conflits et des aspirations des communautés humaines et qui nous donnent les villages, les villes, les comtés, les MRC, etc.  Le bassin versant doit être le lieu du diagnostic et du schéma directeur de l’eau sans par ailleurs devenir une nouvelle instance politique rivale des villes ou des MRC;
4)    une gestion démocratique qui associe les populations concernées à l’ensemble de la gestion, supposant donc information et sensibilisation du public, mais aussi gouvernance et gestion responsables, débat, et tout le développement de la symbolique de l’eau.  L’eau n’appartient pas aux seuls techniciens et experts.  Elle est en connivence avec tout notre être et cela aussi doit pouvoir se vivre dans une politique cohérente.


Bien sûr, le point le plus difficile de la mise en œuvre de la politique de l’eau c’est son financement.  Le principe paraît tout simple : l’eau paie l’eau.  D’où la nécessité de la mise en place d’une redevance générale de l’eau, tant pour l’usage de l’eau que pour l’assainissement.  Par qui faut-il commencer : les industriels, les embouteilleurs, les agriculteurs, les municipalités, les individus, les transporteurs maritimes, Hydro-Québec, les plaisanciers?  Voilà un défi énorme qui demandera également un courage politique énorme car chaque acteur, chaque groupe social cherchera à se défiler.  Ici le soutien de l’opinion publique est essentiel.


Amos et son eau
Ce qui vous intéresse particulièrement c’est l’eau souterraine et sa gestion, surtout la gestion des eskers.  Vous êtes les bénéficiaires d’une eau d’une rare qualité, dont vous pouvez être fiers, que vous avez à gérer de façon efficace et habile et dont vous êtes responsables à la face même du monde.

L’alimentation en eau souterraine est en général très importante pour les municipalités.  Au Québec, la proportion d’eau souterraine est de 20 contre 80 pour de l’eau de surface.  Mais cette proportion est trompeuse à cause de la situation de Montréal.  En France, l’alimentation à partir de l’eau souterraine s’établit à 60.  Aux Etats-Unis environ 50.  Au Québec dans les régions rurales, les municipalités s’alimentent à environ 50 en eau souterraine et on peut penser que la tendance ira s’accroissant.  L’eau souterraine est souvent de meilleure qualité que l’eau de surface et coûte donc moins cher à traiter.  Mais il y a des tensions locales quand une municipalité veut utiliser une source souterraine située en tout ou en partie sur le territoire d’une municipalité voisine.  Il y a eu par exemple un long conflit à Rivière-du-Loup.  Le débat est aussi très vif à Thetford qui doit changer sa source d’approvisionnement.  Le recours à l’eau souterraine est souvent une stratégie opportune mais qui soulève beaucoup d’inquiétude chez les municipalités voisines ou chez les producteurs agricoles qui craignent devoir modifier leurs pratiques.


Dans le cas d’Amos, vous disposez d’une eau abondante, d’une qualité exceptionnelle.  Tant mieux pour vous.  Vous avez d’abord pensé à la voie de l’exploitation d’eau embouteillée.  C’est une solution logique qui crée toutefois peu d’emplois et ne rapporte pas beaucoup à la communauté.  L’exportation massive est à oublier.  Elle soulèverait d’ailleurs un tollé dans la population et une réprobation publique certaine.  Et elle serait à risque pour votre ressource si on en venait à excéder la capacité de renouvellement de la source.

Paradoxalement, l’eau n’est pas par elle-même un facteur suffisant de développement.  Si elle manque, elle est un facteur contraignant.  Si elle est abondante et de qualité, elle n’est pas automatiquement un facteur de succès.  Elle ne devient un facteur de succès que si vous parvenez à bien définir les enjeux et à miser stratégiquement sur ce qui peut être votre force ici et maintenant.


C’est l’objet de votre colloque.  J’esquisse quelques pistes.

Il faut d’abord d’urgence développer la connaissance de l’esker.  D’abord la connaissance scientifique.   En faire la cartographie, savoir son potentiel, son rythme de renouvellement, ses fragilités, etc.  Il faut donc des études hydrogéologiques en profondeur, ce qui relève du fédéral et des études proprement hydrologiques.  Il faut ensuite une vulgarisation et une diffusion de ces connaissances.  Amos doit devenir en quelque sorte la capitale de la connaissance sur les eskers.


La deuxième tâche – concurrente à la première – est de mettre sur pied l’équivalent d’un comité de bassin versant, mais cette fois sur l’eau souterraine.  Pour la formation, prenez modèle sur les comités de bassin versant, en prenant la peine d’y inclure ceux et celles dont a priori vous auriez tendance à vous méfier: les compagnies minières, les forestiers, les entrepreneurs sanitaires, etc.  Ensemble vous avez un joyau de la Terre.  C’est ensemble qu’il faut le protéger et le gérer.  Si vous ratez cette tâche, vous êtes déshonorés.  Si vous la réussissez, vous devenez des héros et on viendra de Chine et d’Europe pour voir ce que vous faites.  On est ici dans l’innovation sociale, dans le développement d’une gouvernance exemplaire pour une ressource intrigante, difficile à comprendre parce qu’enfouie dans le sol, mais précieuse.

L’esker doit être à la fois protégé et mis en valeur.  Quels sont les usages compatibles?  Pouvez-vous initier une vitrine technologique?  Pouvez-vous aller vers ce que l’on appelle de l’eau virtuelle, produire par exemple des fruits et des légumes d’une qualité exceptionnelle?  Visez les créneaux d’excellence.


Y a-t-il des industries pour lesquelles la qualité de l’eau est primordiale?  Je pense aux puces d’ordinateur.  Y a-t-il des soins esthétiques et de santé susceptibles d’être développés avec une telle eau?  On sait le succès qu’ont eu – et qu’ont toujours – les sources thermales.  La ville de SPA est entrée dans le vocabulaire courant.  Peut-être faudrait-il rêver sur l’eau et tenir ici une université d’été sur la symbolique de l’eau?  Ou un festival de l’eau pure, … avec une goutte de gin pour la fête!

Au fond, tout est possible et très peu de choses sont prédéterminées.  Votre gestion de l’esker doit être écologiquement irréprochable et audacieusement inventive.  Elle doit s’intégrer dans une stratégie de développement global.


 N’attendez pas que les autres viennent jouer dans votre esker ou que les gouvernements pensent des projets pour vous.  Par bonheur, vous prenez l’eau à cœur.  Et vous avez le cœur grand.
Merci.


 

Bibliographie

BAPE.  L’eau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur, Rapport 142, Québec, 2000, 2 tomes et 1 annexe.


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Gariépy, Michel et Michel Marié (sous la direction de).  Ces réseaux qui nous gouvernent?, Paris, Montréal, L’Harmattan, 1997.

Paquerot, Sylvie.   Un monde sans gouvernail.  Enjeux de l’eau douce, Outremont, Athéna, 2005.


Rèmond-Gouilloud, Martine.  Du droit de détruire.  Essai sur le droit de l’environnement, Paris, PUF, 1989.

Shiva, Vandana.  La guerre de l’eau. Privatisation, pollution et profit, Paris, Parangon, 2003.


Ward, Diane Raines.  Water Wars, New-York, Riverhead Books, 2002.